Le SCoT chez vous !
Secrétaire administrative de l'AAIPPLA (Association Agréée Interdépartementale des Pêcheurs Professionnels des Lacs Alpins)
Combien y a-t-il de pêcheurs professionnels sur la rive française
du lac Léman ?
Il y a un quota de 50 pêcheurs professionnels du côté français. Depuis quelques années, ils sont entre 43 et 47 en activité. Leur nombre est très réglementé, tout comme le matériel de pêche. Pour être pêcheur, il faut avoir une licence, délivrée par l'administration après examen du projet du candidat et avis de l'AAIPPLA.
C’est une profession dynamique et qui a beaucoup changé depuis 15 ans. Nombre de jeunes pêcheurs s’installent. Il y a 20 ans, la pêche était un peu sinistrée. Maintenant, les pêcheurs sont en moyenne plus jeunes et les pratiques ont changé.
Jusqu’aux années 80, avec l’eutrophisation du lac, les espèces nobles se reproduisaient de plus en plus mal dans le Léman. Les professionnels ne pêchaient plus que la perche. Un programme scientifique a permis de réempoissonner le lac. En pêchant des géniteurs locaux, en prélevant leurs œufs et en les grossissant à la pisciculture de Rives à Thonon-les-Bains, on a peu a peu repeuplé le lac. On a donc investi dans la pisciculture avec un programme financé par l’Etat, les Conseils Généraux des deux Savoie, les communes, les pêcheurs professionnels et aussi les pêcheurs amateurs. En 10 ans, on a complètement remonté les stocks des poissons qui étaient en disparition comme la féra et l’omble chevalier. On pêchait environ 50 tonnes de féra par an côté français, on est passé aujourd’hui à environ 300 tonnes. Côté omble chevalier, on est passé d’environ 12 tonnes à 20 tonnes.
Oui, bien sûr car les pêcheurs ont de nouveau une ressource diversifiée. Maintenant, ils supportent plus facilement les aléas annuels de capture.
Non, des normes européennes ont été imposées aux ateliers de pêche et on leur a interdit de continuer à faire des filets s’ils n’avaient pas un laboratoire agréé. Mais cela demande des investissements. Donc la mentalité a changé et les pêcheurs sont devenus des chefs d’entreprise. La moitié des pêcheurs traitent maintenant leur poisson dans leur laboratoire. Et ils commercialisent leur poisson bien au-delà des bords du lac, dans toute la région Rhône-Alpes.
Il faudrait que les communes, lorsqu’elles font leur plan d’occupation des sols, pensent à réserver un accès au lac pour les pêcheurs qui souhaitent s’installer. Sinon c’est la fin de ce métier !
Iles aimeraient aussi pouvoir garder la pisciculture de Rives, car actuellement l’état se désengage de plus en plus de ce genre de projet. Il faut que l’on trouve une nouvelle structure pour la financer. Les collectivité locales et territoriales n’ont-elles pas intérêt à participer quitte à rajouter d’autres activités que de produire du poisson ?
En organisant des visites touristiques par exemple. On pourrait imaginer un pôle lacustre avec la pisciculture, l’écomusée, la passe à poissons de Vongy et l’INRA qui emploie des chercheurs qui travaillent sur l’eau et les poissons.