• Les opérations de restauration et d'aménagement du cône aval de la Morge

 

I.Contexte et objectifs de l’opération :

1.1 Contexte de l’opération :

Le bassin versant de la Morge est situé sur le Chablais en France et sur le Valais en Suisse.  Son exutoire est localisé au niveau de la commune de Saint-Gingolph, point de l’embouchure du torrent dans le Lac Léman.

 

Image1.png

 

Le bassin versant de la Morge est naturel et peu remanié par les activités humaines (à l’exception du cône de déjection fortement artificialisé par le développement de Saint-Gingolph).  La Morge est un torrent de montagne à fonctionnement relativement équilibré. Son lit se compose de successions de faciès en « marche » et « cuvette » (« step & pool »).

 

                                                    Image2         Image3

 

 La mobilité latérale de la Morge est très réduite et le cours d’eau présente également des secteurs encaissés de gorges.

 

Image4

 

La dynamique de transfert des matériaux sédimentaires depuis les versants jusqu’au Léman est la plupart du temps équilibrée (fonctionnement naturel sans dysfonctionnement marqué) mais avec une tendance générale à l’incision. Cette tendance générale est entrecoupée d’épisodes brefs de déséquilibre (engravements ponctuels dans l’espace et le temps) dont la fréquence semble annuelle.

 

Image5

 

Les principaux « points noirs » mis en évidence dans le diagnostic se situent dans la traversée des zones urbaines sur le cône de déjection qui est naturellement un secteur sur lequel les évolutions verticales et les divagations du lit sont les plus fortes. Les crues de la Morge sont peu fréquentes, et ne se traduisent pas toujours par des apports solides conséquents comme cela s’est produit lors de l’évènement de mai 2015. Au contraire, les crues précédentes ont parfois posé des problèmes d’affouillement d’ouvrages sur le cône de déjection.

 

                                                    Image6  Image7  Image8

 

Une problématique d’incision :

L’incision observée lors de plusieurs crues peut s’expliquer par des contraintes élevées sur le fond du lit en raison de sa faible largeur (largeur qui décroit de l’amont vers l’aval). Le village de Saint-Gingolph s’est construit sur le cône de déjection du torrent de la Morge. Cette situation géographique s’accompagne de l’aménagement des berges. Les aménagements des berges sont venus progressivement empiéter sur le lit actif de la Morge. Aujourd’hui, le lit est trop étroit pour les forts débits qui peuvent transiter par la Morge.  Le principal risque lié à cette incision est la déstabilisation des ouvrages latéraux (risques d’affouillement lors des crues du mur de soutènement en maçonneries à proximité des habitations).

 

                                                  Image9   Image10

 

Une problématique de débordement :

Bien que non systématiques lors des crues, les apports solides de la Morge sont potentiellement conséquents et la diminution de capacité de transport solide jusqu’à la confluence avec le Léman engendre inéluctablement des dépôts dans le chenal (passage de 10% de pente à seulement 3% à la confluence).

Même sans engravement extrême, la faible section hydraulique du chenal peut générer localement des débordements en certains points.

 

Image11

 

La configuration classique d’un cône de déjection fait que les écoulements qui débordent et qui quittent le lit n’y retourne aucunement. Ce fonctionnement est particulièrement marqué dans la partie basse du cône où des bâtiments se situent au même niveau que le lit de la Morge en rive droite. Dès lors que l’écoulement quitte le lit, la chute brutale de la capacité de transport solide bloque le transit des sédiments et peut conduire rapidement à un engravement complet du chenal.

 

                                                   Image12   Image13

 

Le secteur aval de la Morge est une zone de débordement et d’engravement privilégiée durant les crues. Ces risques ont été notamment évalués à partir des modélisations basées sur la crue de mai 2015.

 

 

1.2 Localisation des travaux à réaliser

Les travaux à réaliser se situent dans la partie urbanisée de Saint-Gingolph (commune partagée entre la France et la Suisse), depuis le pont de la Route Départementale n° 1005 (pont de la Douane) jusqu’à l’embouchure du Lac Léman (environ 100 m). Une partie des travaux est située en amont du pont de la Douane, sur un linéaire d’environ 25 m en rive droite de la « Morge ».

La frontière entre la France et la Suisse est matérialisée par le sommet de la berge rive droite de la Morge.

Image14

 

 

1.3 Objectifs de l’opération :

Le but du projet est d’améliorer la morphologie du torrent de la Morge sur sa partie aval dans le centre urbanisé de Saint-Gingolph afin de limiter l’impact hydraulique et du transport solide lors des crues exceptionnelles telle que celle qui s’est produite en mai 2015. Il s’agit d’engager des travaux de protection contre les risques et de restauration du cône de déjection du torrent afin de sécuriser les populations et le centre urbanisé.

Les objectifs sont :

  • L’élargissement du lit actuel (restauration d’une partie du cône de déjection du torrent) ;
  • L’amélioration du transit sédimentaire de la partie aval de la Morge vers le lac ;
  • La protection des biens et des personnes contre les inondations afin d’assurer un niveau de protection pour un débit de référence Q100 sur l’ensemble de la partie aval de la Morge.

 

II. Nature et descriptif des travaux:

Les travaux hydrauliques consistent à augmenter la section hydraulique de la Morge, à fixer le fond du lit et à recréer des murs/berges garantissant une protection jusqu’au niveau de la crue centennale avec engravement. 

Les travaux écologiques et paysagers visent à reboiser les berges, à diversifier les habitats aquatiques et les écoulements dans le lit de la rivière et à créer un cheminement piéton en sommet de la berge en rive droite.

Maîtres d’ouvrage :                                                                                                                                           

  • SIAC en délégation de la CCPEVA
  • Commune de Saint-Gingolph suisse

Maître d’œuvre : SAFEGE (Suez-Consulting)

Entreprise : SOCCO

Période de travaux :

  • Phase 1 : 20 septembre 2021 au 15 décembre 2021

=> Préparation du chantier et terrassement aval

 

Image15

 

  • Phase 2 : 15 mai 2022 au 15 décembre 2022

=> Confortement du lit et des berges, aménagements paysagers et renaturation du site

 

Image16

 

Coût des travaux : 1 228 350 € TTC dont :

Partie FRANCE : 636 000 € TTC

Partie SUISSE : 592 350 € TTC

Financeurs : Agence de l’Eau / Conseil départemental de la Haute-Savoie / Canton du Valais et Office Fédéral de l’Environnement (confédération suisse).

 

2.1 Nature des aménagements :

Pour le secteur à l’amont du pont de la Douane, les aménagements envisagés sont les suivants :

  • La réalisation de travaux de terrassement et de confortement de la berge en rive droite (25 m).  

Pour le secteur à l’aval du pont de la Douane (route départementale n°1005), le projet d’aménagement projeté consiste en l’élargissement du lit du cours d’eau de la Morge, en moyenne à 13 m (lit de pleins bords) et en la création de murs de protection en rives droite et gauche de la Morge.

L’élargissement concerne le tronçon entre le pont de la Douane et la confluence avec le lac Léman. Ainsi ces travaux permettront :

  • De diminuer les hauteurs d’écoulement en augmentant la section hydraulique du lit,
  • De diminuer les contraintes de cisaillement sur le fond et les berges,
  • De proposer le meilleur compromis entre transit de la charge de fond vers le lac et capacité de stockage résiduelle sur ce tronçon,
  • De restaurer une partie du cône naturel de déjection du torrent de la Morge.

La renaturation du site est également prévue avec une attention particulière portée aussi sur l’intégration paysagère des aménagements à réaliser. 

 

2.2 Découpage et descriptif des opérations de travaux :

Le projet de restauration et d’aménagement du cône de déjection de la Morge comprend plusieurs points :

  • L’élargissement et la restauration du lit principal de la Morge ;
  • La renaturation de l’embouchure ;
  • La protection des berges en techniques mixtes (génie-civil pur et génie végétal) ;
  • La création d’un cheminement piéton ;
  • La création du jardin de la Morge derrière le mur de couronnement.

Les opérations se découpent entre le côté suisse et le côté français. Les aménagements se répartissent aussi en fonction de leur localisation :

 

Image17

 

Description des travaux côté France :

  • Travaux de restauration du lit mineur de la Morge

 

                                                    Image18      Image19

                                                                       Lit de la Morge étroit avant travaux                                                                              Ouverture du lit de la Morge

 

  • Création d’un mur en enrochements bétonnés en rive gauche

                      Image20   Image21  Image22

 

Description des travaux côté Suisse :

Sur le secteur aval du pont de la douane - en rive droite :

  • Aménagement d’une réhausse du mur existant
  • Création d’un mur en pied de berge
  • Aménagement d’un cheminement piéton et création d’un mur en béton préfabriqué (mur de couronnement)
  • Protection du pied de berge en génie végétal au niveau de l’embouchure
  • Aménagements écologiques au niveau de la confluence
  • Création du « jardin de la Morge » derrière le mur de couronnement
  • Confortement de la berge sur le secteur amont du pont de la douane - en rive droite.

 

                           Image24  Image25  Image26